Le 05 décembre 2014, Camille Ichou, stagiaire en relations publiques au TNS, nous ouvre les portes de l’un des cinq théâtres nationaux de France. Découvrez l’envers du décor.

Camille Ichou © Simon Rannou

Camille Ichou © Simon Rannou

On se donne rendez-vous devant l’entrée Marseillaise du TNS, sur le flanc du théâtre. Mais c’est depuis l’entrée de la République que Camille Ichou nous présente les grandes lignes de ce théâtre de renom, après nous avoir hissés le long des couloirs silencieux qui jouxtent la salle Bernard-Marie Koltes. De là, on apprend par exemple qu’un orchestre de 500 places se tient au-dessus de nos têtes, un orchestre fantôme puisqu’il est aujourd’hui inaccessible pour des raisons de sécurité.

Fiche de présentation TNS

Voilà que l’on pénètre la salle Bernard-Marie Koltes, du nom du célèbre dramaturge qui intégra l’école du TNS en tant que régisseur. C’est une salle à l’italienne, parée de velours couleur prune. Cette salle contient 600 places nous annonce Camille Ichou, mais seulement 570 sont  accessibles. Elle se compose de l’« orchestre » (pare-terre), d’une « corbeille » (1er balcon), et du « poulailler » « ou paradis » (2ème balcon). Ces mots, issus du doux vocabulaire théâtral, font respectivement référence à un espace où les spectateurs piaillent, à celui duquel on peut admirer de grandes femmes en fleur et à celui enfin, qui côtoie les peintures célestes que certains théâtres arborent à leur plafond.

On imagine le café brûlant qui a pu réchauffer la poitrine d’un comédien épuisé

La régie © Simon Rannou

La régie © Simon Rannou

La visite se poursuit par la cabine des régisseurs étriquée par des douzaines de fils et des bureaux presque vides, l’un séparé de la salle par une vitre (celui du régisseur lumière) et l’autre non (celui du régisseur son) pour ne mettre aucune barrière entre ses oreilles et la réalité sonore d’un spectacle. Quelques minutes plus tard, nous voilà sur le plateau, nu, voire éviscéré puisque ce sont ses entrailles (projecteurs, rideau de fer, élingues, « servante »…) qui nous entourent. Le spectacle Lancelot du Lac vient de se terminer. Repos d’une semaine pour cette scène et ses dessous chargés de matériaux en pagaille et de tapis pour étouffer le bruit des pas.

Nos mains peuvent glisser le long des velours, des carcasses pailletées, des dentelles et des falbalas

Le plateau © Simon Rannou

Le plateau © Simon Rannou

Camille Ichou nous guide finalement vers les loges et la salle des costumes. Les premières sont vides, mais la préparation mentale et corporelle des comédiens nous saute aux yeux lorsque l’on allume les ampoules rondes au-dessus du grand miroir rectangulaire. On imagine le café brûlant qui a laissé sa trace sur la table à maquillages et qui a pu réchauffer la poitrine d’un comédien épuisé. La salle des costumes, malgré la nuit, rayonne. Des fils, des tissus, des machines à coudre, des costumes… s’entassent par ordre de couleurs et de matières au quatre coins de la pièce. Des mannequins de tissus, comme en conversation, sont regroupés près de la fenêtre. Les rouleaux de tissus forment un mur de bulles alors que nos mains peuvent glisser le long des velours, des carcasses pailletées, des dentelles et des falbalas. Par ailleurs, ce sont 3000 autres costumes du TNS qui sont entreposés à Illkirch.

La salle des costumes © Simon Rannou

La salle des costumes © Simon Rannou

Bien que la visite s’effectue dans des espaces déserts, on perçoit l’agitation des faiseurs de théâtre, tangible dans chacun des espaces que nous venons de traverser. Les vivants du spectacle sont là.