Conférence n°3 : festivals et engagements

 

 

Le mercredi 23 décembre a eu lieu au Syndicat Potentiel une conférence portant sur l’engagement lié aux festivals. Cette séance avait pour objectif d’éclairer concrètement divers éléments en se basant sur le Festival DIY et l’espace Punk indépendant, pour discuter des dimensions plus largement impliquées. Au programme: autogestion, expression politique et artistique et parfois, adoption d’un véritable mode de vie.

La conférence a débuté avec le témoignage des membres de l’association Huile de Coudes. Cette dernière a monté le Festival DIY (Do It Yourself) à Nancy, un festival ayant pour principe de n’avoir « ni professeur, ni élève, ni vendeur, ni consommateur » mais plutôt d’organiser un échange de savoir. Pour suivre ce principe, les organisateurs ont ainsi décidé que chaque atelier se déroulerait à prix libre. Officiellement, le DIY festival n’a pas d’étiquette politique, même si dans la manière dont il est géré, beaucoup de gens viennent du milieu libertaire. Refusant les subventions, on peut donc parler d’autogestion. Par ailleurs, pour les intervenants, le fait de « faire DIY », est clairement quelque chose de politique : on brise ce sens de l’espace et les routines individuelles.

Cette notion de prix libre a pu également être grâce à la présence d’une comédienne strasbourgeoise Marie Nappey : c’est en collaborant avec le Molodoï à Strasbourg que sa troupe a vraiment pu jouer. A nouveau, le prix libre a été proposé, et, après avoir suscité débat, est finalement devenu quelque chose d’assez habituel dans cette salle. Marie Nappey est également coordinatrice du festival DYE de Strasbourg.

Le leitmotiv de la soirée a également été développé par un docteur sociologie, à travers son exemple du monde punk. Pierig Humeau, post-doctorant à l’université d’Amiens, a clôturé la conférence en nous parlant de sa thèse portant sur « la sociologie de l’espace punk indépendant français ». Quid de l’engagement dans « l’espace punk » ?
L’arrivée de la gauche permet à scène alternative de se mobiliser et cette dernière est alors associée à une nébuleuse de partis politiques. Comment se définit alors cette trajectoire politico-associative ? Pierig Humeau a mis au point un questionnaire, rempli par 700 intéressés, pour répondre à sa problématique. Des conclusions sont tirées à travers des statistiques obtenues. Lorsqu’on regarde les trajectoires des jeunes et moins jeunes, on relève un rapport conflictuel à l’école ainsi que des problèmes familiaux. On observe alors une politisation et un engagement « par la pratique ».

Mais l’engagement punk, c’est également le DIY ! Dès la fin des années 70, certains jeunes punks vont en effet développer le concept, notamment via des groupes musicaux, pour se distinguer des autres.
Après l’étude de ces différents cas, le public a pu participer au débat en posant des questions, portant notamment sur le concept du DIY, comme mode et style de vie.

Etaient présents :
*L’association Huile de Coude
*Organisatrice du Festival DIY de Nancy
*Marie Nappey
*Pierig Humeau
*Docteur en sociologie associé au Centre Universitaire de Recherches sur l’Action Publique et la Politique (CURAPP), Université de Picardie
*Doctorant en science politique associé au Groupe de sociologie politique européenne (GSPE), Institut d’études Politiques de Strasbourg
*Simon Borja (modérateur)